Donderdag 19 februari 2009, 10:00-18:00 Universiteit Antwerpen, Rodestraat 14 - R.Annexe, 2000 Antwerpen
Symposium in het Frans en het Engels – toegang gratis
In samenwerking met het departement Wijsbegeerte aan de Universiteit Antwerpen
Jacques Derrida (1930-2004) est sans doute l’un des philosophes
continentales les plus célèbres et influents des cinquante années
passées. Ce colloque vise à dévoiler les modes différents dont sa
pensée est relié à sa descendance juive dont on rencontre des traces à
travers son oeuvre.
Jacques Derrida (1930-2004) is undoubtedly one of most well known and influential continental philosophers of the last fifty years. This symposium aims at revealing the different ways in which his thinking is connected to his Jewish descent, traces of which can be found throughout his writings.
Programma
10:00-10:05 Vivian Liska (Instituut voor Joodse Studies, Universiteit Antwerpen): Verwelkoming 10:05-10:15 Nathan Van Camp (Instituut voor Joodse Studies, Universiteit Antwerpen): Inleiding 10:15-11:00 Eli Schönfeld (The Hebrew University of Jerusalem): “Jewgreek is greekjew“ – Derrida et l’héritage juif 11:15-12:00 Elena Bovo (Université de Franche-Comté): Le débat entre Derrida et Yerushalmi sur le Moïse de Freud 12:15-13:00 Ann Van Sevenant (Chercheur indépendant, Bruxelles): D’un athéisme prometteur
13:00-14:15 lunchpauze
14:15-15:00 Luca Di Blasi (Institute for Cultural Inquiry Berlin): Derrida and the Religious Dimension of the Media Shift 15:15-16:00 Tore Langholz (Ben Gurion University of the Negev, Beer Sheva): Tour de toujours déjà: Aporias and other apriori’s 16:15-17:00 Rico Sneller (Universiteit Leiden): Derrida and Abulafia 17:15-18:00 Michal Ben Naftali (Independent scholar, Haifa): A Letter to the Other Father
18:00-20:00 pauze
20:00-21:00 Eli Schönfeld (The Hebrew University of Jerusalem): “Jewgreek is greekjew“ – Derrida et l’héritage juif
Eli Schönfeld (The Hebrew University of Jerusalem): “Dieu, passez
moi l’expression…” – Derrida sur l’origine biblique de la littérature.
Dans Donner la mort, Derrida propose une thèse sur la littérature : son
origine ne serait pas gréco-romaine, mais biblique. Cette thèse
s’origine dans une lecture de l’épisode de la ligature d’Isaac,
–lecture explicitement inspirée de celle kierkegaardienne– a partir de
laquelle le thème du rapport entre responsabilité, pardon, et secret,
est développé systématiquement. Nous proposons de suivre cet exercice
de déconstruction, et tenter dans un deuxième temps une interrogation
critique tant de sa logique interne, que de la tradition
d’interprétation a laquelle puise la lecture de Derrida. Cette critique
nous permettra de relire, autrement que Derrida, la référence
kafkaïenne et lévinassienne, tant présente dans ce texte. Et peut être
de penser, autrement, le rapport entre la bible et la littérature. Eli Schönfeld est doctorant dans le département de philosophie
de l’Université Hébraique de Jérusalem. Sa recherche porte sur la
phénoménologie de Husserl, Sartre et Lévinas, ainsi que sur la pensée
juive moderne, de Mendelssohn et Spinoza a Rosenzweig et Lévinas.
Durant les années 1998-2003 il fut l’assistant de Prof. Benny Lévy
(Université Paris 7), et participa à la fondation de l’Institut
d’Etudes Lévinassiennes de Jérusalem en 2000, ou il enseigna la
philosophie de Lévinas. Durant les dernières années, il enseigne la
philosophie juive moderne a l’Université de Tel Aviv et la philosophie
moderne au département de philosophie de l’Université Hébraique de
Jérusalem. Il est éditeur scientifique aux éditions Resling (Tel Aviv),
membre du comité éditorial des Cahiers d’Etudes Lévinassiennes, et
chercheur à l’Institut Van Leer de Jérusalem.
Elena Bovo (Université de Franche-Comté): Le debat entre Derrida et Yerushalmi sur le Moïse de Freud Elena Bovo partira du dialogue entre Derrida et Yerushalmi sur L’homme Moïse et la religion monothéiste de Freud. La prise de distance de Derrida vis-à-vis de l’interprétation que l’historien du judaïsme propose du Moïse de Freud met en lumière le complexe rapport de Derrida avec le judaïsme. A la lecture de Yerushalmi, qui cherche à enraciner Freud et la psychanalyse dans la tradition juive, Derrida réagit avec une circonspection qui en dit long sur son propre rapport au judaïsme. Ce rapport est caractérisé en effet par l’impossibilité - déclarée maintes fois par Derrida - d’appartenir à une quelconque communauté. Déraciné par son histoire personnelle, pied noir en Algérie, il affirme avoir cultivé le déracinement. Et pourtant son judaïsme est, dit-il, enraciné au plus profond de lui, avant toute parole, avant toute promesse. A travers l’analyse de la réaction de Derrida au texte de Yerushalmi, l’interrogation portera sur l’expérience existentielle et philosophique du fait de "se sentir juif" tout en refusant l’appartenance à une communauté juive et plus en général à une communauté tout court. Elena Bovo enseigne l’histoire des idées à l’Université de Franche-Comté et la philosophie contemporaine au Centre Parisien d’Etudes Critiques (Council International Study Programs France). Sa recherche se concentre sur les oeuvres de Jacques Derrida et Emmanuel Levinas.
Ann Van Sevenant (Chercheur indépendant, Bruxelles): D’un athéisme prometteur Pour répondre à la question “Que pouvons-nous attendre de l’athéisme derridien?”, Ann Van Sevenant propose la lecture d’un extrait (de ‘Penser ce qui vient’) où Jacques Derrida évoque “un athéisme radical qui se souvient de Dieu, un athéisme hypermnésique qui, ici maintenant, aujourd’hui et demain, quant à ce qui vient, allie en lui l’engagement de la promesse messianique (non pas le messianisme), l’esprit révolutionnaire, l’esprit de justice et d’émancipation et, si rétro que cela puisse paraître ici ou là à ceux qui ont intérêt à le croire, un certain esprit d’un certain Marx.” Ann Van Sevenant a enseigné la philosophie à l’école supérieure professionnelle d’Anvers et est l’auteur, entre autres, de Het verhaal van de filosofie (Antwerpen, 1992), Philosophie de la sollicitude (Paris, Vrin, 2001), Sexual Outercourse. Philosophy of Lovemaking (Leuven, Peeters, 2005), Wat zou de wereld zijn zonder filosofie? (avec Samuel IJsseling, Kampen, Klement, 2007) et Levenswerk. Filosofie en aanvaarding (Antwerpen, Garant, 2009).
Luca Di Blasi (Institute for Cultural Inquiry Berlin): Derrida and the Religious Dimension of the Media Shift
Luca Di Blasi’s general assumption is that the Grammatologie is the
product of both a conscious strategy and an unconscious desire. His
motives have much to do with his Jewish origin. Derrida responded to
two different developments: The so called “death of the book” and the
worldwide success story of the vocal alphabet. Both had to be
threatening especially for the “race which arised from the book”
(Jabès). My main proposition is that Derrida tried to reinterpret this
threatening situation by taking advantage of the equivocation of the
term phoné in order to attack the Western culture and defend at the
same time the Jewish tradition. This implicit and probably partially
unconscious project failed at the latest because of Leibniz and his
combination of metaphysics and mathematics. Metaphysics appears here
not any longer as impossible yearning a presence beyond any difference
but seems to end in the “death language” of the pure writing or
articulation. Luca Di Blasi worked as a researcher at the universities of
Vienna, Hanover and Siegen and earned a Ph.D. at the university of
Eichstätt. Since 2007 he is academic assistant of the director at the
Institute for Cultural Inquiry (ICI) in Berlin. His main publications
include Der Geist in der Revolte. Der Gnostizismus und seine Wiederkehr
in der Postmoderne (Wilhelm Fink, 2002), Cybermystik (Wilhelm Fink,
2006) and Grammatheologie. Eine kultur- und medientheoretische
Lektüre.
Tore Langholz (Ben Gurion University of the Negev, Beer Sheva): Tour de toujours déjà: Aporias and other apriori’s
Derrida’s devise in his Theory or Philosophy of Writing was to proof
the limitations of western metaphysical thinking. In his in 1967
published books on that topic he draw a line from Plato to Husserl,
Heidegger and back, stating against the vulgar concept of writing, that
there exists no sign prior to the written. While he proclaims at least
the synchrony of the oral and the written, the exit for his
grammatological-deconstructive lexicon (différance, supplement,
double-bind, arche-writing etc.), his permanently repeated cipher
"toujours déjà" leads the reader with a distance of more than 40 years
to wander the desert of revelation. The written and the oral Torah may
not only serve here as a pattern that connects his Philosophy of
Writing with an underground noise of Judaism -- but the tension of the
Dual Torah itself may be regarded as the displacement already included
in western metaphysical thinking. Tore Langholz holds a Magister Artium in Political Science. His
Master-Thesis deals with Vilém Flusser’s political cybernetics. Since
2007 he is wrting a dissertation at Ben Gurion University of the Negev,
Beer Sheva: “Reflections of the Dual Torah in Jacques Derrida’s
Grammatology.”
Rico Sneller (Universiteit Leiden): Derrida and Abulafia Although the philosophy of Derrida does not seem to be indebted to Jewish mystical traditions at all, it nevertheless manifests many motifs and ideas hardly intelligible without reference to some of these traditions. On the other hand, mystical traditions are liable to philosophical explanation as soon as we take into account at least some of Derrida’s texts. In this contribution Rico Sneller will explore some common elements between Derrida and Abulafia. Both have a rather exceptional conception of language; what is striking in their thought is the precedence writing supposedly takes over oral language. A comparative reading could highlight what Sneller is tempted to call a common ‘spiritual’ orientation, despite obvious differences. Rico Sneller is assistant professor for Ethics and Philosophy of Religion at Leiden University, Faculty of Humanities, Institute of Religious Studies. He wrote his doctoral thesis on Derrida and negative theology and translated several of Derrida’s works into Dutch. His main interests concern the relation between ethics, mysticism and phenomenology.
Michal Ben Naftali (Independent scholar, Haifa): A Letter to the Other Father
On the basis of Derrida's early reading of Foucault's Madness and
Civilization and of Levinas' early works, both in Writing and
Difference, and of his reading of Kafka's "Letter to the Father",
Michal Ben Naftali shall try to suggest a close reading of his Gift of
Death and his hyperbolic notion of sacrifice – the father's sacrifice,
the son's sacrifice and his own. How does Derrida read the biblical
story? How does Derrida conceive father-child relations? Why does he
seem to invent the figure of the Father-who-makes-sacrifice, thus
transforming his earlier notion of the melancholic subject? Michal Ben Naftali studied history and philosophy at the Hebrew
University of Jerusalem and earned a Ph.D. in philosophy at the
university of Oxford. She taught various courses on philosophy,
literature and history at the universities of Jerusalem, Tel Aviv and
Haïfa and translated several of Derrrida’s works into Hebrew including
Archive Fever and The Gift of death. She is currently working as a
writer and is an editor of the series "the French" in Hakibbutz
Hameuchad publishing house.
Eli Schönfeld (The Hebrew University of Jerusalem): “Jewgreek is greekjew” – Derrida et l’héritage juif
Qui sommes “nous”? A cette question, Derrida –juif occidental– réponds,
a la fin de son article sur Lévinas, “Violence et métaphysique,” par la
parole de Joyce: “Jewgreek is greekjew.” Cette parole trahit un des
enjeux fondamentaux du dialogue entre Derrida et Lévinas: celui du
rapport entre philosophie et science juive. Le sensé se dit il
nécessairement dans le vocabulaire philosophique? Peut-on penser hors
de l’horizon grec? Ou bien y a-t-il sens de penser au delà de cet
horizon? Peut-il y avoir un autre héritage que celui du logos ? C’est a
travers ces questions que nous souhaitons interroger, par
l’intermédiaire du dialogue qu’il entretint avec Lévinas, le rapport de
Derrida a l’héritage de pensée juif. Eli Schönfeld est doctorant dans le département de philosophie
de l’Université Hébraique de Jérusalem. Sa recherche porte sur la
phénoménologie de Husserl, Sartre et Lévinas, ainsi que sur la pensée
juive moderne, de Mendelssohn et Spinoza a Rosenzweig et Lévinas.
Durant les années 1998-2003 il fut l’assistant de Prof. Benny Lévy
(Université Paris 7), et participa à la fondation de l’Institut
d’Etudes Lévinassiennes de Jérusalem en 2000, ou il enseigna la
philosophie de Lévinas. Durant les dernières années, il enseigne la
philosophie juive moderne a l’Université de Tel Aviv et la philosophie
moderne au département de philosophie de l’Université Hébraique de
Jérusalem. Il est éditeur scientifique aux éditions Resling (Tel Aviv),
membre du comité éditorial des Cahiers d’Etudes Lévinassiennes, et
chercheur à l’Institut Van Leer de Jérusalem.
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