Emmanuel Lévinas: Une pensée juive aux confins de la philosophie
14, 15, 20 & 22 novembre 2007, 16h00-18h00
Université d'Anvers, Rodestraat 14, Auditorium R.Annex, 2000 Antwerpen

Séminaire en 4 séances animé par drs. Eli Schönfeld (The Hebrew University of Jerusalem)


Séminaire en Français, discussions en Néerlandais, Anglais et en Français

Le séminaire proposé se penchera sur une question fondamentale : celle du rapport entre philosophie et judaïsme. L’interrogation portera sur les limites et la légitimité de ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui la « philosophie juive », soit de la possibilité même de traduire une pensée venu de « l’autre rive » dans le parler philosophique.  

La pensée d’Emmanuel Lévinas offre un cadre privilégié pour mener cette enquête a bien. Penseur juif, il a, tout au long de ces écrits, interrogé le rapport de la philosophie (originairement Grecque) et de la révélation (originairement Juive). Par moments, il lui arrive même de décrire son œuvre comme un essai de traduire le dire biblique dans le logos philosophique, ou métaphoriquement : d’ « achever l’œuvre de la Septante ».

Or cette entreprise pose quelques questions. Car à y regarder de près, l’écriture de Lévinas, sur ce point, est constamment en tension. C’est ce qu’il va falloir interroger. Voici donc les questions qui se trouveront au centre de notre occupation : Si a un certain moment la philosophie « rencontre » le révélée (chez Lévinas : dans la phénoménologie du visage), est elle a même d’en explorer toutes les ressources ? D’autres parts, la révélation – qu’il faut nettement distinguer, dans l’écriture de Lévinas, de la foi ou de la théologie – a-t-elle quelque chose a enseigner a la philosophie, peut elle encore s’adresser au concept, tout en refusant son ordre, sa logique, sa loi ? Sous quel modalité le « verset » peut il encore s’adresser a l’homme, l’interpeller ? Et ultimement, ces deux extrêmes que sont le dire biblique et la parole philosophique peuvent elles se rencontrer ?

La question de la traduction accompagnera enfin, discrètement, toute notre étude : du verset au logos, du dire biblique a la parole grec.

Division des séances :
1. Mercredi 14 novembre 2007, 16:00-18:00: Problématique – « Philosophie juive », concept paradoxal ?
2. Jeudi 15 novembre 2007, 16:00-18:00: La phénoménologie du visage ou l’impuissance de la philosophie (lecture de textes philosophiques de Lévinas).
3. Mardi 20 novembre 2007, 16:00-18:00: Visage et Sinaï : l’horizon talmudique comme « raison » de la révélation (Lecture de la leçon talmudique « La tentation de la tentation » in : Quatre lectures talmudiques)
4. Jeudi 22 novembre 2007, 16:00-18:00: Traduction et trahison : Tora ou Nomos (Lecture de la leçon talmudique « La traduction de l’écriture » in : A l’heure des nations

Eli Schönfeld est doctorant dans le département de philosophie de l’Université Hébraique de Jérusalem. Sa recherche porte sur la phénoménologie de Husserl, Sartre et Lévinas, ainsi que sur la pensée juive moderne, de Mendelssohn et Spinoza a Rosenzweig et Lévinas. Durant les années 1998-2003 il fut l’assistant de Prof. Benny Lévy (Université Paris 7), et participa à la fondation de l’Institut d’études lévinassiennes de Jérusalem en 2000, ou il enseigna la philosophie de Lévinas. Durant les dernières années, il enseigne la philosophie juive moderne a l’Université de Tel Aviv et la philosophie moderne au département de philosophie de l’Université Hébraique de Jérusalem. Il est éditeur scientifique aux éditions Resling (Tel Aviv), membre du comité éditorial des Cahiers d’Etudes Lévinassiennes, et chercheur à l’Institut Van Leer de Jérusalem.

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